LUSITANO DEL ARTE - Équitation académique et artistique

Evelyn LaBrie
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Lusitaniens

Élevage

 PRODUCTION

Le Stud-book du Pur-sang Lusitanien a été créé en 1966. A cause de la rareté de sa génétique, un effectif très limité de 2 000 juments reproductrices est à ce jour agréé dans le monde entier au stud-book officiel portugais de l’Associação Portuguesa do Cavalo Puro Sangue Lusitano (APSL). Au Portugal, on compte plus de quatre cents élevages de Pur-sang Lusitaniens élevés à la façon portugaise, c’est-à-dire, un troupeau en liberté, même pour les mâles, jusqu’à l’âge de trois ans où les mâles et certaines femelles seront ramenés à l’écurie afin d’être débourrés. Chaque année, les poulains sont marqués au « fer » sur la cuisse droite du sigle exclusif de leur naisseur et parfois d’un numéro sur le côté gauche de l’encolure (idéalement sous la crinière) afin de permettre de les identifier facilement. La race est issue de quatre principaux courants de sang, qui portent eux-mêmes le nom de grands haras de lointaine tradition.

 LIGNÉES


Universo

La lignée Veiga est essentielle; c'est celle qui donne le plus d'espèces et de mobilité. Le Veiga est de taille moyenne; il possède vitesse et courage ainsi qu'un équilibre et une mobilité prodigieuse. C’est la souche tauromachique par excellence. Le Veiga a du sang et présente parfois une certaine instabilité; il nécessite un cavalier qui sait respecter sa finesse car il est plutôt nerveux. C’est la lignée de type pur-sang Anglais de la race. C'est sans doute la lignée la plus appréciée et recherchée en ce moment.

    Le courant de sang Andrade est lui aussi fondamental dans la race lusitanienne. Relativement grands, les chevaux Andrade sont athlétiques et généreux, leurs allures sont étendues, et ils possèdent un mental d'une grande stabilité, alliant douceur et courage. Andrade et Veiga sont traditionnellement deux courants de sang complémentaires. Du fait d'une certaine consanguinité existant dans cette souche, le Veiga se révèle très « raceur », marquant fort sa descendance et induisant un phénomène d'hétérosis particulièrement marqué. À titre d’exemple de cette complémentarité, citons le fameux Novilheiro, d'origine Andrade par son père, Firme, et Veiga par sa mère, Guerrita.

  
Firme  |  Novilheiro

Fenicio

    La Coudelaria Nacional de Fonte Boa assure, avec le haras d’Alter do Chao, la fonction de haras nationaux. De très anciennes souches sont à l’origine de ce courant de sang qui reste très vivant, même s’il est peut-être un peu moins médiatique que les trois autres. En effet, on ne remarque pas de nos jours de sujets très spectaculaires dans ces écuries d'État, mais il n'en reste pas moins vrai que le courant de sang « C.N. » reste fondamental, traditionnel et précieux. De très grands éleveurs actuels, dont les produits sont certes plus commerciaux et plus titrés, reconnaissent la valeur des vieilles origines Fonte Boa, elles-mêmes issues des plus pures souches espagnoles.

    La souche Alter Real représente un courant de sang également très traditionnel et classique, dont l’image est aujourd’hui associée à l'École portugaise d'Art Équestre. La race fut créée par la maison royale portugaise de Bragance en 1748 grâce à 300 juments andalouses venant de Jerez de la Frontera. Dès le XVIIIe siècle, les chevaux élevés au Haras d’Alter étaient représentés dans l'ouvrage de Carlos Manoël d'Andrade « Luz da Liberal e Nobre Arte de Cavalaria ». Ce recueil est une véritable bible d'équitation comme celle de La Guérinière. On y retrouve d’ailleurs les premières représentations de l'Alter Real.


École Portugaise d'Art Équestre

Haras d'Alter

    Le Haras d’Alter fut dissous lors des guerres napoléoniennes, et les chevaux ayant survécus furent utilisés par la suite pour des croisements intempestifs, notamment avec le pur-sang Arabe ou le Hanovrien. En 1910, le Haras d’Alter passe sous le contrôle de l'État après la proclamation de la République et le retrait de la maison royale portugaise de Bragance. En 1938, les deux derniers étalons purs Alter sont vendus aux enchères. Cela aurait pu sceller le sort de l'Alter Real, mais un homme, Ruy Andrade, éleveur célèbre, décide de sauver ce magnifique cheval. Grâce à des sujets au caractère Alter Real prononcé récupérés dans les Haras Nationaux, la reconstruction de la race commence en très forte consanguinité avec 15 poulinières non arabisées et seulement trois vieux étalons bais : Regenor, Vigilante et Marialva II. Les descendances des deux étalons Regedor et Marialva II sont très importantes : elles représentent deux des six grands chefs de lignées du Pur-sang Lusitanien actuel. En 1960, tous les reproducteurs Alter Real subissent des tests de dressage. Il y a quelques décennies, ils établissent leur quartier à l'École Portugaise de l'Art Équestre de Queluz et y présentent quotidiennement leur travail de Haute École dans les jardins du Palais Royal.


Juments Alter Real

Étalon Alter Real

    L'Alter Real se distingue par ses lignes pures d'une rare beauté, son énergie et ses allures harmonieuses. Il excelle en Haute École et en dressage grâce à son équilibre sur les hanches et à ses prédispositions pour les airs rassemblés et relevés. S'il subsiste chez certains sujets une certaine nervosité due aux croisements du passé et à l'inévitable consanguinité qu'a entraînée la reconstitution de la souche, on peut estimer que le courant de sang Alter est toujours représentatif de ses nobles origines péninsulaires. Énergique, généreux, intelligent, c’est un cheval qui fait preuve d'une grande finesse. Compact et de taille relativement modeste, il est le plus souvent bai avec peu de marques blanches. Grâce au travail de Ruy Andrade, les caractéristiques si célèbres de l'Alter Real ont pu être sauvegardées.


Spartacus

    Aujourd’hui, le Pur-sang Lusitanien connaît un nouvel essor, surtout en Europe et au Brésil où on remarque une grande progression de la qualité et de la quantité de chevaux produits. Il semblerait que de nouvelles lignées apparaissent, notamment à partir de chevaux ayant fait leurs preuves dans des disciplines sportives ou tauromachiques (Orphée, Opus, Novilheiro…). Ainsi, la qualité générale de la production est en évolution, ce qui porte à croire que de nouvelles lignées vont venir s’ajouter au livre de la race. Celles-ci contribueront au progrès et à la conservation de sa vitalité, mais on ne peut encore les considérer comme fixées. Ceci témoigne simplement de la capacité d’une race pluriséculaire à se renouveler, sans toutefois modifier un précieux patrimoine zoologique longuement et rigoureusement sélectionné.


Opus 72

    Le Pur-sang Lusitanien est certes en évolution. ll importe de souligner, au passage, que les qualités du cheval lusitanien viennent avant tout du cheval espagnol. En effet, de nombreux lusitaniens de la Coudelaria Nacional sont issus en plus ou moins droite ligne de reproducteurs de l'élevage espagnol Romero y Garcia, dont les souches « zapateras » proviennent elles-mêmes de la Chartreuse de Jerez; le fameux étalon Principe VII, grand raceur de l'élevage Andrade, avait été importé d'Espagne et était lui aussi purement Cartujano, marqué du fer del Hierro del Bocado. La souche Alter elle-même a été en grande partie reconstituée à partir d’une jumenterie ramenée de Jerez. Si en Espagne, la sélection n’a pas toujours porté suffisamment sur la fonctionnalité, elle reste à la base d’une réussite zootechnique développée avec talent depuis quatre cents ans…

(Sources : site Web de l’APSL : www.cavalo-lusitano.com; Le lusitanien, Laetitia Bataille, Collection Equilivre, Éditions Optipresse, 2003; Cavalo lusitano, O filho do vento, Arsenio Raposo Cordeiro, Editions Inapa, 2002.)

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